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39ème Journée de la Terre Palestinienne

Jeudi 12 mars 18h30

Espace Mendès France Poitiers

LES REFUGIES PALESTINIENS

UNE HISTOIRE ET DES QUESTIONS

Conférence de Sandrine MANSOUR MERIEN

Vous pouvez écouter la conférence ici http://f.emf.fr/confs2015/2015_03_12_la_palestine.wav

Aborder la question des réfugiés palestiniens c’est aborder le problème de fond de la question palestinienne qui inclut dépossession, déni et démolition.
Ces trois éléments, qui sont à l’origine de l’histoire de ces réfugiés, sont toujours présents aujourd’hui. C’est ce thème que nous avons voulu que développe Sandrine Mansour-Mérien dans sa conférence.

Docteur en histoire contemporaine du Monde Arabe et membre du Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA-Nantes), elle a consacré l’essentiel de ses travaux de recherche à l’histoire de la Palestine et des réfugiés palestiniens.

En 2013, elle publie « L’Histoire occultée des Palestiniens, 1947-1953 » aux Editions Privat. En 2014, elle collabore à la rédaction de « Israël Palestine: le conflit dans les manuels scolaires » aux Editons Syllepse.

En partenariat avec la Faculté de Droit, le Laboratoire Migrinter (Migrations Internationales, Espaces et Sociétés) et l’Espace Mendès-France.

Ouvrir le tract : Jdt_Conf_Collectif

 

 

29 juin 2013 14h30 Place du Marché

Réfugiés Palestiniens : une clé pour le retour

Apportez votre C

Samedi 29 juin entre 14h30 et 17h00

Place du Général de Gaulle (Place du Marché) à Poitiers

et faites pencher la balance en faveur

du Droit au Retour des réfugiés palestiniens.

4,7 millions de réfugiés palestiniens. 4,7 millions de personnes privées de leur terre par l’armée israélienne alors qu’ils disposent d’un droit inaliénable : le droit au retour. Des réalités humaines bouleversantes, mais une analyse simple : ce droit est réaffirmé avec constance par l’ONU et tous les organismes compétents depuis 1948.

Le droit au retour, un droit parfaitement connu

Les règles sont nombreuses. Elles ont pour source commune l’article 1 de la Charte des Nations Unies qui proclame « le respect du principe de l’égalité de droit des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. » Elles s’expriment dans le cadre :

du droit international humanitaire : il définit l’interdiction du transfert des populations, la protection des personnes déplacées, le droit au retour et le respect des biens appartenant aux réfugiés ;

des droits de l’homme : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien et de revenir dans son pays. » (Article 13 de la Déclaration universelle de Droits de l’homme de 1948). « Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ». (Article 12 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966).

La question originaire

Contrairement à l’idée reçue, l’ONU n’a pas créé Israël par une résolution de 1947. L’ONU ne pouvait pas donner ce qui ne lui appartenait pas, c’est-à-dire la souveraineté des Palestiniens sur la Palestine. Les Palestiniens étaient chez eux, dans leur état en devenir, et ils en ont été chassés par la force.

La charte de la SDN de 1919 a instauré le système des mandats : des puissances européennes se voyaient reconnaître un rôle provisoire de mandataire, pour conduire les peuples vers l’indépendance. Le mandat donné par la SDN au Royaume Uni sur la Palestine en 1922 établit de manière certaine l’existence de la souveraineté palestinienne. « Le mandataire sera responsable de veiller à ce qu’aucun territoire palestinien ne soit cédé ou abandonné, ni en aucune manière placé sous le gouvernement d’une quelconque puissance étrangère. »

Trois vagues successives de réfugiés palestiniens

– Première vague : 1947/1949, le coup de force

Le document qui a été la base de tout, alors qu’il n’a aucune force juridique, est la résolution 181 du 29 novembre 1947 connue sous le nom de « plan de partage », et adoptée sous forme de recommandation.

Sur place, cette recommandation a libéré les forces des sionistes, avec le double-jeu des Britanniques, préparant ouvertement la proclamation de l’Etat d’Israël. Les Britanniques sont partis le 14 mai 1948, et le jour même, l’Etat d’Israël est proclamé, avec un déchaînement de violence avec une volonté simple : détruire ce qui existe, pour dire qu’il n’existait rien. C’est la Nakba : plus de 500 villes et villages sont détruits ou passent sous contrôle israélien, des morts par milliers et 750 000 Palestiniens doivent fuir. Un peuple est expulsé de sa terre natale. C’est la première vague des réfugiés. L’occupation commence.

Le médiateur de l’ONU pour mettre fin aux violences, Bernadotte, est assassiné le 16 septembre 1948 par des terroristes israéliens.

Le 11 décembre 1948, l’Assemblée générale de l’ONU adopte la résolution 194 reconnaissant le droit au retour des réfugiés palestiniens. Il ne s’agit pas là d’une recommandation, mais bien d’une décision. En son article 11, elle pose le principe décisif qui reste d’actualité : « Décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables. »

Il n’y a donc pas d’ambigüité sur la violation originaire des droits de Palestiniens. La force de ces résolutions est renforcée par le fait que pour devenir membre de l’ONU le 11 mai 1949, Israël a du s’engager à les respecter, reconnaissant de fait le droit à l’autodétermination et le droit au retour.

– Deuxième vague : 1967 la colonisation de ce qui n’a pas été conquis en 1947-49 L’absence de négociation a laissé la place aux armes, et à la Guerre des Six jours de juin 1967. Lorsque le cessez-le-feu intervient, Israël occupe la superficie de tout l’ancien territoire de la Palestine sous mandat britannique de 1922 plus une partie du territoire syrien.

La résolution 237 du 14 juin 1967 du Conseil de sécurité appelle le gouvernement israélien à garantir la sécurité et à faciliter le retour des personnes déplacées.

La résolution 242 du 22 novembre 1967 pose les principes d’un règlement pacifique avec le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés, la reconnais-sance de la souveraineté de chaque État de la région et une « solution juste de la question des réfugiés ». Cette résolution ne remet pas en cause les termes de la résolution 194.

– Troisième vague : l’occupation et la colonisation

L’occupation, qui permet le contrôle militaire, a été l’occasion d’une nouvelle phase de colonisation, entraînant un troisième flux de réfugiés, plus diffus, car la colonisation est un phénomène long, qui, commencé en 1967, se poursuit jusqu’à ce jour, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est.

Lors des grandes phases de négociations, Israël, avec l’appui des puissances coloniales, a toujours cherché à combattre la résolution 194 de 1948 sur le droit au retour. Dans les accords d’Oslo, la question du retour des réfugiés est différée à des « négociations finales »… c’est-à-dire à jamais. Mais il est impossible d’effacer les hommes et leurs droits les plus fondamentaux. La colonisation a totalement dépassé le cadre du plan de partage. 65 ans plus tard, il n’y a toujours pas de frontières israéliennes, toujours pas d’Etat palestinien. L’Etat palestinien qu’on évoque devrait se satisfaire de 22% de la Palestine historique, et rien de sérieux n’est dit pour les réfugiés. A ce titre, les négociations apparaissent dans leur vraie fonction : donner un habillage juridique aux violations du droit.

D’après Gilles Devers, avocat – Septembre 2010

Recensement économique et social des réfugiés Palestiniens vivant au Liban

Echantillon : 2600 familles

Pauvreté et chômage
Vivant sous le seuil de pauvreté : 67%
Souffrant de la faim : 66%
Vivant dans les camps et au chômage : 56%

Géographique
Vivant dans des ensembles d’habitation (hors des camps) : 38%
Vivant dans les camps de Saïda et de Tyr : 50%
Vivant dans les régions de Beyrouth et du Nord : 20%
Vivant dans la région de la Békaa : 4%

Pourcentage des femmes : 53%

Ages
Moyenne d’âge : 30 ans et 6 mois
Les moins de 25 ans d’âge : 50%

Famille
Les familles comptent en moyenne 4,5 individus

Niveau scolaire
13% des plus de 20 ans détiennent le baccalauréat
42% des plus de 20 ans détiennent le brevet d’étude
30% des garçons âgés entre 7 et 15 ans n’ont jamais été scolarisés

Santé
31% souffrent d’une maladie chronique
12% des familles ont au moins un de leurs membres atteint d’une maladie chronique
40% souffrent d’un handicap
15% des familles ont au moins un de leurs membres atteint d’un handicap
21% souffrent d’un problème sanitaire ou psychologique
41% des familles ont au moins un de leurs membres souffrant d’un problème sanitaire ou psychologique
40% des maisons de l’ensemble des camps sont insalubres, particulirement celles de Aïn-el-Héloué et de Rachidiyeh

Etude réalisée par des chercheurs de l’Université Américaine de Beyrouth (AUB) en coopération avec l’UNRWA – 2010