Archives de catégorie : Israel

Israël approuve des centaines de logements de colons en Cisjordanie

Israël a approuvé mercredi la légalisation et la construction de plusieurs centaines de logements pour des colons dans le nord de la Cisjordanie occupée, a-t-on appris auprès du ministère de la Défense et des autorités locales.

Selon l’association anti-colonisation Shalom Arshav (La Paix Maintenant), il s’agit du plan de construction le plus important à ce jour du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu en Cisjordanie.
L’ONU, par la voix de son coordinateur spécial pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, a aussitôt qualifié l’annonce israélienne de « déplorable » tandis que la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton faisait part de sa « profonde préoccupation ».
Mme Ashton a rappelé que « les colonies sont illégales au regard du droit international » et exhorté Israël à revenir sur son initiative.
La décision a été prise mercredi par le conseil supérieur de la planification de l’Administration militaire chargée des affaires civiles dans les Territoires palestiniens (COGAT), selon un porte-parole de cette administration qui dépend du ministère de la Défense.
Le porte-parole a ajouté que la première étape de ce projet avait été approuvée il y a six mois par le ministère de la Défense.
Selon le chef du conseil local des colons, Avi Roeh, les autorités ont de facto légalisé l’implantation sauvage de Shvout Rachel (400 habitants), près de la colonie de Shilo, entre les villes palestiniennes de Ramallah et Naplouse, en y autorisant un plan de construction de 500 logements.
« Enfin les habitants (de Shvout Rachel) ne seront plus considérés comme des hors-la-loi », s’est félicité M. Roeh.
Le conseil supérieur de la planification de COGAT a également légalisé rétroactivement une centaine d’habitations déjà existantes à Shvout Rachel et 95 autres bâties sans permis, dans la colonie voisine de Shilo (2.000 habitants), a-t-il précisé.
Le porte-parole de COGAT a confirmé que des logements édifiés sans autorisation allaient être légalisés « pour des raisons humanitaires », mais sans en préciser le nombre.
Le secrétaire général de La Paix Maintenant, Yariv Oppenheimer, a accusé le gouvernement Netanyahu de « tout faire pour empêcher la création de deux Etats pour deux peuples et de s’acheminer vers un Etat binational ».
Cette annonce concernant la colonisation — la première majeure depuis fin décembre— survient au moment où le processus de paix est dans l’impasse la plus totale après l’échec de « réunions exploratoires » entre Israéliens et Palestiniens en Jordanie le mois dernier.
L’Autorité palestinienne a condamné « fermement » la décision des autorités israéliennes.
« Elle confirme une fois de plus, au delà du moindre doute, que le gouvernement d’Israël a choisi la colonisation de préférence à la paix », a répété le négociateur palestinien Saëb Erakat.
« Ce gouvernement est totalement responsable de l’échec des efforts de paix dans la région. Ces décisions (israéliennes) visent avant tout à détruire la solution à deux Etats », un palestinien et un israélien, a-t-il déclaré à l’AFP.
M. Erakat a également déploré que certains des membres du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Union européenne et Russie) « couvrent la colonisation israélienne et la poursuite de l’occupation des Territoires palestiniens ».
« Il est temps que ces pays accroissent les pressions sur Israël et cessent de le traiter comme un pays au-dessus des lois », a plaidé M. Erakat.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, récemment en visite au Proche-Orient, a appelé Israël à renoncer à tout nouveau projet de colonisation pour permettre la relance des négociations avec les dirigeants palestiniens.

(22 février 2012 – Avec les agences de presse)

Réconciliation avec le Hamas : Israël menace de poursuivre le gel des fonds palestiniens

Israël a menacé de poursuivre le gel des fonds dus à l’Autorité palestinienne si l’annonce au Caire d’un « partenariat » entre le président palestinien Mahmoud Abbas, leader du Fatah, et le chef du Hamas Khaled Mechaal devait déboucher sur un « gouvernement d’union ».

« Si les Palestiniens avaient signé un accord sur un gouvernement d’union (entre les mouvements Fatah et Hamas), cela aurait rendu un transfert de fonds impossible », a déclaré à l’AFP un haut responsable gouvernemental israélien sous couvert de l’anonymat.

Au cours d’un tête à tête jeudi au Caire, les deux principaux dirigeants palestiniens ont approuvé un document qui prévoit notamment de se « concentrer sur la résistance populaire pacifique ».

« Il n’y a plus de différences entre nous. Nous sommes convenus de travailler comme des partenaires avec une responsabilité unique », a assuré M. Abbas au terme de près de deux heures de dialogue.

Les médias israéliens, citant des sources gouvernementales, affirment de leur côté qu’un cabinet restreint israélien, composé des principaux ministres et convoqué tard jeudi soir par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a opté pour l’heure contre un dégel des fonds.

« Après cette annonce, il est hors de question que nous dégelions les fonds », a déclaré un haut responsable anonyme cité par le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot.

M. Netanyahu, dont le gouvernement est résolument hostile à l’unité palestinienne avec le Hamas, qu’il assimile à une « organisation terroriste », a critiqué jeudi l’accord interpalestinien du Caire, appelant M. Abbas à « arrêter le processus de réconciliation avec le Hamas ».

« Plus Abou Mazen (surnom de M. Abbas) s’approche du Hamas, plus il s’éloigne de la paix », a déclaré à l’AFP son porte-parole Mark Regev.

Après la récente admission de la Palestine à l’Unesco, Israël avait annoncé le 1er novembre le gel des transferts de fonds dus aux Palestiniens.

Ces fonds correspondent au remboursement des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits destinés aux Palestiniens qui transitent par les ports et aéroports israéliens.

Les accords de Paris de 1994 prévoient la rétrocession par Israël de ces taxes, qui représentent deux tiers des recettes budgétaires de l’Autorité et permettent de payer plus de 150.000 fonctionnaires palestiniens, dont la masse salariale représente environ 115 millions d’euros.

Le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Union européenne et Russie) a pressé mercredi Israël de débloquer « sans délai » ces fonds.

(Vendredi, 25 novembre 2011 – Avec les agences de presse)

Paris convoque l’ambassadeur d’Israël après la blessure d’un consul

L’ambassadeur d’Israël en France a été convoqué mercredi au ministère des Affaires étrangères où les autorités françaises ont condamné un raid sur la bande de Gaza qui a blessé le consul français et sa famille, a annoncé le Quai d’Orsay. « Ce matin, au Quai d’Orsay, nous avons rappelé à l’ambassadeur d’Israël à quel point nous déplorions vivement les conséquences de ce raid pour notre chef d’antenne consulaire à Gaza et pour les membres de sa famille », a déclaré le porte-parole du ministère lors d’un point de presse. « Il lui a été rappelé que, tout en reconnaissant la nécessité pour Israël d’assurer sa sécurité, il importe de prévenir toute atteinte aux civils de même qu’à la présence française à Gaza », a-t-il ajouté.
Le consul de France dans la Bande de Gaza, sa femme et sa fille de 13 ans ont été blessés lors d’un raid survenu dans la nuit de dimanche à lundi. « Notre ambassadeur à Tel Aviv a fait une démarche auprès des autorités israéliennes », a ajouté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a d’autre part condamné la décision israélienne de construire 800 logements dans les colonies de Jérusalem-Est. « La France tient à rappeler que la colonisation est un acte illégal au regard du droit international et qu’elle constitue un obstacle sur la voie d’une paix juste et durable, qui implique notamment que Jérusalem devienne la capitale de deux États souverains et viables », a dit le porte-parole. « Cette annonce constitue une nouvelle provocation, alors que la communauté internationale poursuit ses efforts en vue de relancer les négociations entre Israéliens et Palestiniens », a-t-il ajouté, en appelant le gouvernement israélien à revenir sur cette décision.
Israël a annoncé mardi son intention de lancer prochainement un appel d’offres pour la construction de 814 logements pour colons juifs à Har Homa et Pisgat Zeev, à Jérusalem-est. Cette mesure, qui devrait intervenir dans les semaines à venir, est annoncée dans la foulée de l’adhésion, le 31 octobre, de la Palestine à l’Unesco en tant que membre à part entière au grand dam des Israéliens.

(Mercredi, 16 novembre 2011 – Avec les agences de presse)

Israël sanctionne l’adhésion de la Palestine à l’Unesco : Accélération de la colonisation et gel du transfert de fonds

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé mardi soir d’accélérer la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée et de geler provisoirement le transfert de fonds aux Palestiniens en guise de rétorsion après leur admission à l’Unesco.

« Ces mesures ont été prises à l’issue d’une première réunion du forum des huit (principaux) ministres. Une prochaine réunion discutera de futures mesures », a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre.

Les Palestiniens ont immédiatement dénoncé ces sanctions israéliennes en accusant le gouvernement Netanyahu d’ »accélérer la destruction du processus de paix ».

« Nous allons construire 2.000 logements, dont 1.650 logements à Jérusalem, et le reste dans les implantations de Maalé Adoumim et d’Efrat (au sud de Bethléem en Cisjordanie) », a déclaré un haut responsable gouvernemental israélien à l’AFP sous couvert de l’anonymat.

« Il a également été décidé de geler à titre provisoire, jusqu’à ce qu’une décision définitive soit prise, les transferts de fonds destinés à l’Autorité palestinienne », a ajouté ce responsable.

Ces fonds, d’un montant d’environ 50 millions de dollars par mois, correspondent au remboursement des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits destinés aux Palestiniens qui transitent par les ports et aéroports israéliens.

Ils assurent 30% du budget de l’Autorité palestinienne et permettent de payer 140.000 fonctionnaires palestiniens.

« Il n’est pas possible d’exiger des Israéliens qu’ils fassent preuve de retenue alors que les Palestiniens leur claquent systématiquement la porte au nez », a expliqué le responsable israélien.

« Mahmoud Abbas a de nouveau refusé de reconnaître Israël comme un Etat juif et de mener des négociations directes tout en poursuivant ses efforts pour se faire admettre de façon unilatérale à l’ONU », a-t-il reproché.

Le responsable israélien a par ailleurs tenu à souligner que les logements qui vont être construits le seront à Jérusalem-Est et dans des blocs de colonies qui dans « tous les plans de paix présentés dans le passé par la communauté internationale doivent rester de toute façon sous souveraineté israélienne ».

Toutefois, la communauté internationale ne reconnaît ni l’occupation, ni l’annexion de la partie orientale de Jérusalem par Israël et considère que toutes les colonies sont illégales.

Israël a subi un sérieux revers diplomatique avec le vote en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’Unesco.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a décidé lundi à Paris de l’admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre (dont les Etats-Unis).

Le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon a fustigé mardi l’Unesco en estimant qu’elle est « devenue une organisation politique en intégrant en son sein un Etat qui n’existe pas ».

Selon lui, « cette démarche des Palestiniens prouve qu’ils ne veulent ni la paix ni des négociations mais entendent perpétuer le conflit ».

Les Palestiniens, de leur côté, ont remercié Paris, par la voix de leur Premier ministre Salam Fayyad, lors d’une visite de la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, en Cisjordanie.

Alliés d’Israël, les Etats-Unis, qui fournissent 80 millions de dollars à l’Unesco et assurent 22% de son budget, ont suspendu après le vote un versement de 60 millions de dollars prévu en novembre.

Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a estimé que la suspension des versements américains aurait un impact négatif sur le processus de paix.

(Mardi, 01 novembre 2011 – Avec les agences de presse)

Bonjour les censeurs par Charles Enderlin

Samedi 8 octobre 2011

Je n’ai participé ni à la préparation, ni à la réalisation d’Un œil sur la planète. Ma seule contribution a été l’interview  de Nabil Shaath, responsable des affaires internationales du Fatah. A l’exception de Martine Laroche Joubert, je ne connais pas les journalistes, auteurs des reportages. Je me sens donc libre de publier mon point de vue.

D’abord, je n’ai relevé dans les divers sujets aucune fausse information. La Cisjordanie se développe dans la non-violence comme l’a montré Martine Laroche Joubert avec »Un Etat en marche » . J’ajouterai que l’armée et les services de sécurité israéliens se félicitent de leur coordination avec la nouvelle police palestinienne. A Gaza, le Hamas – le pire ennemi d’Israël – a mis en place un régime totalitaire, et la majeure partie de la population n’en peut plus. Oui, dans ce territoire se développe Al Qaida. C’est un scoop du sujet « Les mille visages de Gaza ».

Le problème des colonies montré dans le reportage « Les frontières de la discorde » est exact. Les agriculteurs palestiniens ont le plus grand mal à aller cultiver leurs terres de l’autre côté de la barrière de séparation. Effectivement, dans la vallée du Jourdain les Palestiniens et les bédouins n’ont pas le même accès à l’eau qui va en priorité aux colonies. Pour plus de détails, consultez : http://www.btselem.org/jordan_valley/water. On comprend la raison pour laquelle les organisations pro-israéliennes ne veulent pas qu’une chaine publique montre cette situation scandaleuse. A regretter l’absence dans ce tournage des attaques commises par des colons extrémistes contre des Palestiniens. Incendie de mosquées, destruction de champs d’oliviers, attaques d’unités de l’armée israélienne.. J’ai bien écrit : attaques d’unités de l’armée israélienne. Bien sur, il y a aussi des actions violentes de la part de palestiniens. Lorsque leurs auteurs sont capturés ils passent devant des tribunaux israéliens. De quand date un seul procès de colon ayant incendié une mosquée ? Cherchez … En l’occurrence, les auteurs d’Un œil sur la planète n’ont pas voulu entrer dans une comptabilité macabre.

« Un droit au retour », tourné au Liban, apporte plutôt de l’eau au moulin de la droite israélienne. Sa conclusion : au pays des Cèdres, les Palestiniens ne veulent pas d’état, seulement revenir en Israël..

Il n’empêche, Patrick Boitet et Etienne Leenhardt ont reçu des centaines de mails d’insulte et de menace. Richard Prasquier, le président du Crif a demandé un rendez vous à Rémy Pfimlin, le Président de France Télévisions, affirmant que l’équipe qui a réalisé l’émission : « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale », « en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationnistes antisémites » Maniant, à son habitude, l’insulte, Philippe Karsenty, l’ami de Mr.Prasquier en profite par ailleurs, pour me traiter de « délinquant multi récidiviste » Etc. Etc. Sur ce personnage, voir mon livre « Un enfant est mort. Netzarim 30 septembre 2000 »

La réponse à ces réactions violentes se trouve dans le sujet sur « Le lobby pro-israélien » aux Etats-Unis. M.J. Rozenberg, un ancien d’AIPAC raconte comment des organisations comme « Camera » traquent les journalistes déviants. « Le lobby, dit-il, rend la vie difficile aux journalistes qui ne sont pas perçus comme pro-israéliens. Ils auront du mal à trouver un job ou s’ils en ont un à garder un poste. Lorsque je travaillai à AIPAC, il y avait des listes, des dossiers sur chaque reporter. »

L’attaque généralisée contre « Un œil sur la planète » entre visiblement dans ce cadre. Il ne faut rien montrer qui soit défavorable à la politique israélienne d’occupation. Cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer.