Rassemblement Samedi 9 août 2014 à 15h Place de la Mairie – Poitiers

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Intervention du 9 août 2014 Place de la Mairie Poitiers

 Ainsi donc, comme on pouvait s’y attendre, la trêve de 72 heures n’aura pas duré une minute de plus.

Pendant 29 jours, la Bande de Gaza a subi un déluge de feu qui a détruit tout, sans distinction d’objectifs. Hommes, femmes, enfants, tous sont visés. Maisons d’habitation, hôpitaux, écoles, bâtiments publics ou religieux, centrale électrique, réserves de carburant, tout est réduit en miette, y compris des bâtiments de l’ONU.

Pendant près d’un mois, la population gazaouie a vécu le martyr, dans des conditions infra humaines, privée d’eau, de nourriture, d’électricité, de téléphone, de nouvelles de ses proches. L’objectif d’Israël est de pourrir la vie des Palestiniens pour les obliger à partir.

Et pourtant, la population palestinienne résiste et fait corps avec ses combattants car elle sait que sa cause est juste et que jamais les colonisateurs n’ont triomphé dans l’histoire. Elle sait que les souffrances endurées sont un mal nécessaire pour en finir avec le blocus, cette autre forme de la guerre imposée par Israël et soutenue par les puissances occidentales, qui conduit à la mort à petit feu, sans espoir, dans un territoire minuscule et surpeuplé, entouré de voisins hostiles. Ne peut-on lire, en effet, les évènements de Lybie, d’Egypte, de Syrie, d’Iran, comme la forme concrète d’étouffer la résistance palestinienne?

Si nous soutenons la cause palestinienne, c’est que c’est une cause universelle : une lutte contre l’occupation et la colonisation, une lutte pour l’indépendance et la souveraineté nationale, une lutte pour le droit à l’autodétermination contre les interventions étrangères. Car c’est bien une guerre de toutes les puissances occidentales qui se déchaîne contre les Palestiniens : Israël fait la guerre, les Etats-Unis fournissent les armes et réapprovisionnent quand elles viennent à manquer, la France alimente la machine de guerre par son commerce avec Israël, y compris en armement, et toute l’Europe accorde des tarifs préférentiels à Israël. Israël veut terminer 48. Nous voulons terminer la décolonisation.

Pour faire taire les protestations, le gouvernement français, qui s’aligne comme jamais sur les positions israéliennes, accuse les mouvements de défense de la cause palestinienne d’importer le conflit en France et de faire monter l’antisémitisme.

Mais qui importe le conflit en France ? Les mouvements pro-palestiniens qui demandent des sanctions contre l’Etat israélien, raciste, colonialiste et expansionniste ou le gouvernement français qui, par sa politique néocoloniale et ses appels à faire tomber les gouvernements libyen, syrien, iranien, encourage la radicalisation et le passage à l’acte ? Ceux qui organisent des manifestations de soutien à la Palestine ou ceux qui autorisent les manifestations de soutien à Israël et qui lancent des appels aux Français juifs pour qu’ils immigrent en Israël ? Ceux qui s’indignent d’un massacre perpétré de sang froid ou les organisations pro-israéliennes, CRIF en tête, qui déversent des flots de messages d’amour et d’attachement indéfectible à Israël et qui imposent l’amalgame entre juifs et pro-israéliens ?

En s’érigeant en censeur moral définissant ce qu’il faut dire et penser, en appelant à la défense d’intérêts communautaires, le CRIF et le gouvernement français sont une réelle menace sur toutes les organisations qui ont, comme ligne d’action, l’universalisme. Rappelons que quatre personnes ont été entendues à la suite de la manifestation du 23 juillet à Poitiers dont le caractère pacifique ne peut être contesté, et qu’Alain Pojalat, un des organisateurs des manifestations parisiennes interdites, doit comparaitre devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le 22 octobre pour maintien de manifestation interdite. Nous dénonçons les provocations liberticides de ce gouvernement qui veut nous empêcher de manifester.

Non, nous ne nous laisserons pas piéger et détourner de notre combat par ce gouvernement qui loin de condamner les massacres israéliens, soutient l’installation d’un cordon sécuritaire autour d’Israël fait de police de la pensée, de mesures policières, de soutien économique et diplomatique, allant jusqu’à l’aide militaire directe et s’abstient honteusement au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU sur l’établissement d’une Commission d’enquête internationale sur les crimes de guerre.

Mais qui est en insécurité ? Israël et son armée surdimensionnée, qui possède la bombe atomique et qui vient de recevoir un renfort en munitions et en dollars de la part des Etats-Unis ou les Palestiniens qu’ils soient de Cisjordanie soumis à l’occupation, de Gaza soumis au blocus, d’Israël soumis au racisme et à la ségrégation, de Jérusalem soumis à la confiscation de leurs maisons et à la judaïsation de leur ville, ou réfugiés privés du droit au retour ? Car il n’y a pas Gaza d’un côté et le reste des Palestiniens de l’autre. Il y a une Palestine et un peuple palestinien. Et c’est ce que l’agression israélienne veut briser.

C’est contre cette inhumanité monstrueuse, contre cette injustice révoltante que se battent les Palestiniens, contre l’annexion de toute la Palestine par Israël et la liquidation de leur mémoire, de leur histoire, de leur vie.

Car ce que veut Israël ce n’est pas la paix. Israël veut la capitulation des Palestiniens. Israël veut l’hégémonie sur toute la Palestine. Oslo lui a donné cette hégémonie de facto. Par cette nouvelle agression Israël veut l’obtenir de jure et poursuivre la conquête commencée depuis plus d’un siècle. Ce n’est ni un accident ni une riposte, mais bien toute la politique israélienne qui s’exprime-là : soumettre les Palestiniens et s’accaparer leurs terres et ses ressources, liquider le droit au retour, en un mot liquider « la question palestinienne ».

Nous dénonçons l’inversion des rôles et responsabilités entre l’agresseur israélien et l’agressé palestinien.

Oui, il faut un cessez-le-feu tout de suite pour arrêter cette barbarie ignoble d’un Etat fort sur tout un peuple. Mais demander un cessez-le-feu ne suffit pas. Il faut transformer notre émotion, notre indignation, notre rage, en pressions pour :

– exiger la levée immédiate et sans condition du blocus de Gaza ;

– déférer les responsables devant les tribunaux internationaux et leur faire payer leurs crimes ;

– imposer un boycott de toute coopération avec ce pays et des sanctions économiques et financières à Israël mais aussi politiques, à l’image de ce qu’ont fait de nombreux dirigeants d’Amérique Latine.

Car nous savons bien que, quelle que soit l’issue de cette guerre, tant qu’Israël ne sera pas sanctionné, isolé, amené à reconnaître les droits des Palestiniens, les horreurs se répèteront. Cela demande un engagement de longue haleine pour combattre les causes qui les font naître. C’est à ce prix que la paix pourra trouver son chemin, pour les Palestiniens mais aussi pour tous les peuples, et donc aussi pour nous.

Vive la Palestine ! Soutien à la résistance palestinienne ! Arrêt des bombardements ! Levée immédiate et sans condition du blocus de Gaza !

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