Archives mensuelles : septembre 2011

Natacha Atlas rejoijt BDS !

La grande chanteuse Natacha Atlas compose la plupart de ses chansons, mais elle a également repris les classiques du répertoire oriental, de Abdel Halim Hafez à Oum Kalthoum, en passant par Fairuz. Ses origines multiples, égyptiennes, britanniques, marocaines, palestiniennes, musulmanes et juives, rendent son regard particulièrement pertinent sur l’actualité politique de cette région du monde, comme en témoigne sa chanson Leysh Nat’ Arak.

Cette année, elle déclare avoir été éblouie par la révolution égyptienne, et elle y contribue à sa manière en publiant, selon ses dires, un appel à « se tenir debout et éveillés, venant de cette terre, où la tête haute, les mots sont pourvoyeurs de vérité ». Avec le groupe Bacha Beats elle dédie le titre Egypt: Rise to Freedom au soulèvement du peuple égyptien.

Elle a récemment été contactée pour donner un concert en Israël au mois de décembre prochain. Attachée à la réconciliation entre les peuples, elle avait un temps envisagé d’accepter cette invitation. Mais la
réconciliation entre les peuples passe par la justice, le respect du droit international et la cessation des violations des droits humains. La campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’Etat d’Israël vise également à une telle réconciliation, mais elle résulte du constat qu’elle ne se fera pas sans pressions individuelles et collectives. La campagne BDS affirme qu’un concert en Israël participe à l’exclusion de ceux qui sont de l’autre côté du mur de la honte, de l’autre côté du blocus de Gaza ou de l’autre côté des camps de réfugiés. Un concert en Israël contribue, d’autre part, à détourner l’attention des crimes et des discriminations de cet Etat, pour lui donner un visage culturel plus présentable.

Natacha Atlas, et on n’en attendait pas moins d’elle, a fait le même constat et elle déclare avoir d’abord envisagé que son concert en Israël puisse servir d’encouragement à l’opposition de ses fans israéliens aux actions et la politique de leur gouvernement. Elle a également envisagé qu’il puisse servir à leur demander, face à face, de combattre l’apartheid israélien. Mais après mûre réflexion, dit-elle: « Je vois maintenant qu’un acte plus efficace consiste à ne pas aller en Israël, jusqu’à ce que l’apartheid systémique soit aboli une fois pour toutes. C’est pourquoi je retire publiquement ma décision, bien-intentionnée, d’aller me produire en Israël, et j’espère sincèrement que cette décision représente un acte efficace contre ce régime. »

En terme d’efficacité, effectivement, ne pas se produire en Israel contribuera mieux à la recherche d’une solution juste que de s’y produire. Les fans de la chanteuse ne s’y trompent pas, si l’on en juge par les dizaines de messages de félicitations qui affluent depuis hier sur sa page facebook, y compris de la part de fans israéliens. La Campagne BDS France s’associe à de tels messages et félicite Natacha Atlas pour cet acte courageux, généreux, éclairé et qui va dans le sens de l’Histoire.

Puissent d’autres artistes en prendre leçon…

Article publié sur le site de BDS France

Israël autorise 1.100 logements pour colons à Jérusalem-Est

Le ministère israélien de l’Intérieur a annoncé mardi avoir approuvé la construction de 1.100 nouveaux logements dans le quartier de colonisation juive de Gilo à Jérusalem-Est occupé et annexé.

Le plan a été approuvé par le comité d’urbanisation du ministère et il est à présent ouvert aux objections du public pendant 60 jours, selon un communiqué.

Les éventuelles objections seront discutées par le comité, avant le lancement d’un appel d’offres pour la construction, a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère, Roei Lachmanovich.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a laissé entendre qu’il n’avait pas l’intention de décréter un nouveau gel de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est pour tenter de convaincre les Palestiniens de relancer des négociations.

« Nous avons déjà donné », a affirmé M. Netanyahu dans un extrait d’une interview au Jerusalem Post publié mardi qui doit être rendue publique dans son intégralité mercredi à l’occasion de la célébration du Nouvel An juif.

Il explique également qu’il ne compte pas intervenir dans le projet de construction de logements à Gilo.

« Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de nouveau. Nous planifions à Jérusalem, nous construisons à Jérusalem, un point c’est tout, de la même façon que les gouvernements israéliens l’ont fait depuis la fin de la guerre de 1967 », lorsque Israël a conquis puis annexé Jérusalem-Est, a-t-il déclaré.

« Nous construisons dans les quartiers juifs, les Arabes construisent dans les quartiers arabes, c’est comme cela que cela marche dans cette ville », a-t-il insisté.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, a réaffirmé dimanche qu’il ne négocierait pas avec Israël sans un gel « complet » de la colonisation.

(Mardi, 27 septembre 2011 – Avec les agences de presse)

BDS – Oui, le boycott d’Israël est légal

Le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, spécialisée dans les affaires de droit de la presse, diffamation publique, liberté d’expression, a rendu un jugement de la plus haute importance et de la plus grande clarté, à propos du droit qu’ont les citoyens et consommateurs d’appeler au boycott d’Israël et de ses produits. Il nous concerne tous. Voici les attendus du jugement. Merci de les diffuser largement.

Ce jugement, dont les attendus sont précis et très étayés, fait d’ailleurs l’objet d’un commentaire très intéressant dans la dernière édition de la Gazette du Palais (Septembre 2011 n° 244, P. 15), sous l’intitulé : « LIBERTÉS PUBLIQUES : L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français », et sous la plume du magistrat Ghislain Poissonnier.

Ces attendus doivent être connus et lus avec d’autant plus d’attention que la campagne BDS s’amplifie dans le monde entier, mais que d’autres procès BDS doivent se dérouler prochainement en France, à commencer par celui du 20 OCTOBRE 2011 à BOBIGNY, ceci en raison de l’obéissance remarquable du gouvernement Sarkozy à tous les desiderata israéliens.

POURQUOI LES CITOYENS ONT LE DROIT D’APPELER AU BOYCOTT D’ISRAEL

Les juges qui nous ont entendus le 17 juin dernier, ont relaxé le 8 juillet 2011 Oliva Zémor, accusée de discrimination contre la nation israélienne, et d’incitation à la haine raciale par le gouvernement et par quatre associations du lobby israélien en France, en soulignant que :

« Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. »

Le juge a expliqué le 8 juillet, lors du rendu de ce jugement que l’article de loi invoqué par les parties civiles (article 24, alinéa 8, de la loi de 1881) est destiné à « lutter contre toutes les formes de racisme » et ne « saurait être invoqué pour interdire un appel au boycott « invitant à une certaine forme d’objection de conscience, que chacun est libre de manifester ou pas » et « lancé par des organisations non gouvernementales ne disposant d’aucune prérogative de puissance publique »

S’appuyant sur des décisions de la Cour de Cassation et de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le tribunal fait remarquer que :

« La critique d’un Etat ou de sa politique ne saurait être regardée, de principe, comme portant atteinte aux droits ou à la dignité de ses ressortissants sans affecter gravement le liberté d’expression dans un monde désormais globalisé dont la société civile est devenue un acteur majeur, et alors qu’aucun ’délit d’offense à Etat étranger’ n’a jamais été consacré par le droit positif ni par le droit coutumier international, tant il serait contraire aux standards communément admis de la liberté d’exprimer des opinions ».

Le tribunal a ajouté, en s ‘appuyant sur les exemples développés par les avocats de la défense, Me Antoine Comte, Me Dominique Cochain, et Me Henri Choukroun, que « les autres appels, émanant de certains secteurs de la société civile, au boycott de tels produits en provenance d’un pays ou d’une entreprise sont nombreux, sans qu’ils aient jamais été incriminés dans l’ordre des abus de la liberté d’expression » .

Le juge passe ainsi en revue de très nombreux appels anciens et récents au boycott de produits, du tourisme dans certains pays, de jeux olympiques dans d’autres, dont le boycott de l’année du Mexique en France en 2011 et le boycott des produits birmans par l’enseigne Carrefour.

Il met également l’accent sur le fait que l’on ne peut en aucun cas nous accuser de « provocation à la discrimination, la violence ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de son appartenance à la nation israélienne, puisque certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent l’appel BDS ». (Il se réfère explicitement aux déclarations de la Coalition israélienne des Femmes pour la Paix, des Israéliens qui demandent aux artistes internationaux de ne pas venir se produire en Israël, et au soutien apporté par de nombreuses personnalités allant de Desmond Tutu à des ministres, parlementaires ou intellectuels français, que l’on ne peut soupçonner d’un quelconque racisme.)

Examinant les avis contraires présentés par les parties civiles, le tribunal fait observer que : « La confrontation des points de vue est précisément de nature à convaincre que l’appel pacifique et sans contrainte au boycott des produits israéliens est indissociable du débat d’opinion que suscitent partout dans le monde les préoccupations liées au règlement d’un conflit endémique depuis plus de 60 ans. ».

Le tribunal a donc conclu , en ce qui concerne la publication de cette vidéo BDS par Olivia Zémor sur le site www.europalestine.com , et en ce qui concerne le contenu de la vidéo, que :

–  « La mise en ligne d’une vidéo de quelques minutes durant laquelle des militants ont appelé les consommateurs d’une enseigne de la grande distribution à ne pas acheter des produits en provenance d’Israël et à soutenir un tel boycott pour des motifs politiques sur un sujet d’intérêt général de portée internationale qui mobilise depuis des années la communauté internationale, pour l’heure en vain, en vue d’un règlement pacifique du conflit ne caractérise en aucun de ses éléments le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence contre un groupe de personnes à raison de son appartenance à une nation, en l’espèce Israël ».

– De même, « Les propos de présentation de cette vidéo, incontestablement militants, sont indissociables de l’appel au boycott que la prévenue est libre de soutenir pour exprimer ses vues sur le conflit israélo-palestinien. »

A noter au demeurant que le tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle de Paris a jugé « irrecevable » l’une des parties civiles, la Chambre de Commerce France-Israel .

Les parties civiles ont bien entendu fait appel de ce jugement, et continuent à poursuivre des militants pour les mêmes faits, en espérant avoir affaire, ailleurs, à des juges et à des procureurs, plus influençables et moins soucieux de faire respecter la liberté d’expression.

TOUS A BOBIGNY LE 20 OCTOBRE PROCHAIN A PARTIR DE MIDI

Ainsi, le JEUDI 20 OCTOBRE PROCHAIN, Olivia, Maha, Mohamed et Ulrich seront amenés à comparaître devant le tribunal de Bobigny, qui renvoyé l’audience au 20 octobre 2011.

Une mobilisation exemplaire s’impose à cette occasion et nous vous demandons de retenir cette date pour venir nous soutenir, dès 10 heures ce jour-là au Tribunal de Bobigny (M° Pablo Picasso. Terminus de la ligne 5).

On se souvient que le 17 mars 2011, la juge présidant l’audience n’avait pas fait preuve d’une grande équité entre les parties. Mme Krieff avait ainsi laissé des gardes du corps privés de certains avocats de la partie civile, munis d’oreillettes à l’intérieur de la salle d’audience, communiquer en permanence vers l’extérieur. Dans le même temps, elle avait pris la peine de reprocher « des sourires » ou « têtes penchées » (sic) à des personnes sagement assises sur les bancs du public !

CAPJPO-EuroPalestine

Pour ces dix raisons, les Palestiniens veulent créer leur Etat

Par Ziad Medoukh

D’ici une semaine, la direction palestinienne va tenter de demander, soit à l’Assemblée générale de l’ONU, soit auprès du Conseil de sécurité l’adhésion à cette assemblée d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967, l’objectif de cette action étant d’obtenir la reconnaissance d’un Etat libre et indépendant qui pourra vivre en paix, après bien des années de guerre et de souffrance.

Quelques Palestiniens refusent cette initiative, ils avancent plusieurs arguments, tels que le statut de cet Etat sur le terrain, avec l’occupation et la colonisation, ils ajoutent que rien n’est clair pour le droit au retour des réfugiés, les frontières de cet Etat, le statut de l’OLP et l’aspect juridique et institutionnel de ce 194ème Etat.

Les autres Palestiniens qui saluent et soutiennent cette requête, ont justifié leur choix par dix raisons :

1- Ils demandent la reconnaissance internationale de cet Etat et un soutien politique important à un choix stratégique.

2- Ils demandent que la communauté internationale soit mise devant ses responsabilités, les Américains et les Européens ayant souvent déclaré vouloir un Etat palestinien libre. Et avec cette initiative…

3- Ils demandent la relance d’un processus de paix en plein échec et la stabilité pour cette région en guerre.

4- L’obligation aussi pour Israël d’appliquer les résolutions internationales.

5- En outre la réalisation des espérances et des revendications des Palestiniens qui sont de vivre dans un Etat libre et indépendant, un Etat souverain.

6- La protection de la population civile palestinienne

7- Ils demandent que les Palestiniens vivent dans un Etat réunifié, avec des institutions communes.

8- La fin de toutes les mesures illégales pratiquées par Israël, comme la colonisation, le mur et le blocus inhumain de Gaza

9- Qu’ Israël soit jugé devant les organisations internationales pour ses crimes contre les civils, les prisonniers palestiniens en particulier.

10-Ils veulent enfin que soit établi aux yeux de tous que leur cause est une cause juste et que les Palestiniens veulent appliquer le droit international.

Dans leur lutte pour la liberté et la paix, ce combat est un combat politique et symbolique

Le fait que Israël et ses alliés essayent de freiner cette initiative et de mettre la pression sous des prétextes fallacieux, et le fait que beaucoup de pays ont menacé d’exercer des pressions sécuritaires et financières sur l’Autorité palestinienne, prouvent que cette initiative gêne et que nous sommes sur la bonne voie dans notre lutte pour la création de ce 194ème Etat, alors que le monde rêve comme nous d’une Palestine libre et indépendante.

L’entrée de la Palestine dans les Nations-Unies ne règle pas tous les problèmes, cela ne changera rien sur le terrain. Cette entrée ne mettra pas un terme à l’occupation, ni à la colonisation, néanmoins, elle donnera l’occasion aux Palestiniens de pratiquer leurs droits.

Traitement « à l’israélienne » pour des dizaines de voyageurs… israéliens

Des dizaines de voyageurs israéliens atterrissant en Turquie ont reçu ce week-end une cruelle leçon d’éducation politique : ils y ont été traités exactement de la même manière que le sont des milliers de passagers, notamment mais pas exclusivement ceux qui ont des origines arabes ou musulmanes, arrivant à l’aéroport Ben Gurion (Ben Gourion) de Tel Aviv.

Les médias turcs et israéliens rapportent ainsi, lundi, que de citoyens israéliens arrivant ou en transit à l’aéroport d’Istanbul ont été arbitrairement séparés des autres voyageurs, confinés dans une salle particulière, interrogés sur leur identité, leurs croyances religieuses, les prénoms de leurs parents, grand-parents et arrière-grand- parents, fouillés à corps, poireautant pendant des heures en slip ou en petite culotte, avant d’être relâchés.

En somme, ils ont subi les mêmes humiliations que celles infligées, à longueur d’année et en toute impunité, par la police israélienne, à de nombreuses catégories d’usagers de l’aéroport de Tel Aviv : citoyens israéliens palestiniens, porteurs de patronymes arabes, pèlerins chrétiens ou musulmans, parlementaires voire diplomates, et bien sûr toutes les personnes déclarant se rendre dans les territoires palestiniens occupés, ou soupçonnées de vouloir s’y rendre.

La presse turque rapporte d’ailleurs que l’action de la police des frontières à l’aéroport d’Istanbul était elle-même une réplique au traitement inhumain infligé à des voyageurs turcs désirant se rendre à Jérusalem à l’occasion de la fin du Ramadan, il y a quelques jours.

Tant qu’il maintenait une alliance stratégique avec Israël, le gouvernement turc fermait les yeux sur les mauvais traitements subis par ses propres ressortissants en Israël. Mais les choses ont changé, notamment depuis que le gouvernement israélien a refusé de prononcer ne serait-ce qu’un mot d’excuses, après le massacre du Mavi Marmara où 9 citoyens turcs ont été assassinés.

Il reste à espérer que les voyageurs israéliens tireront un enseignement salutaire de l’épreuve qu’ils ont subie, et qu’ils s’en prendront au seul responsable de leur sort : leur propre gouvernement.

CAPJPO-EuroPalestine