Le « Dignité-Al Karama » arraisonné en haute mer, une attaque injustifiable contre le droit, contre la solidarité internationale.

Le bateau « Dignité-Al Karama », seul rescapé de la Flottille de la Liberté II, a été arraisonné illégalement ce matin dans les eaux internationales de Méditerranée, non loin de Gaza, par plusieurs navires et des commandos de la marine de guerre israélienne. Le bateau a été confisqué et est en cours d’acheminement vers un port israélien. Nous sommes sans nouvelles quant au sort réservé aux 16 passagers du bateau, en raison de la censure israélienne.

L’usage de la violence à l’encontre de militants non-violents qui apportaient aux Palestiniens de Gaza un message de solidarité est totalement injustifiable.

L’arrestation du bateau « Dignité-Al Karama » est une violation patente à la liberté de navigation en haute mer. La Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer indique en effet : « la navigation en haute mer est ouverte à tous les Etats. (Article 87). Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté. » (Art 89). Le raid israélien n’entre pas dans l’exercice reconnu du « droit de visite ». L’objectif d’Israël n’était pas de « visiter » le bateau, mais bel et bien de l’empêcher d’accoster à Gaza.

Cet arraisonnement constitue une attaque contre les citoyens des 22 pays représentés dans la Flottille de la Liberté II, contre tous ceux et celles qui, dans le monde entier, ont rendu possible la constitution de cette Flottille. Une nouvelle fois, le gouvernement israélien répond par une démonstration de force disproportionnée, inaceptable, face à une initiative de solidarité citoyenne, explicitement non-violente.Nous avons les plus vives inquiétudes quant au sort des passagers qui seront vraisemblablement détenus en Israël, alors même que les autorités israéliennes viennent de soumettre à la censure militaire toutes les informations sur ces événements. Nous exigeons du gouvernement français des informations fiables sur la situation des 16 passagers et qu’il prenne ses responsabilités pour assurer leur protection.

Nous exigeons leur mise en liberté immédiate, ainsi que la restitution du bateau arraisonné.

Nous appelons le gouvernement français et l’Union européenne à exiger des autorités israéliennes, sous peine de sanctions, la fin immédiate du blocus de Gaza. Il est temps que cesse l’inadmissible impunité du gouvernement israélien. Il est temps que la communauté internationale impose à l’Etat d’Israël le respect du droit international.