Vittorio n’a jamais été aussi vivant qu’il ne l’est aujourd’hui !

Par sa mère, Egidia Beretta Arrigoni lundi 18 avril 2011, traduction anglais-français  Régine Fiorani, mardi 19 avril 2011, 00:13

Faut-il mourir pour devenir un héros, pour être sur la première page du journal, pour regarder la télévision tout en étant en dehors de la maison ou mourir pour rester humain?

Je me souviens de Vittorio à Noël 2005, quand il fut emprisonné à l’aéroport Ben Gourion, les cicatrices des menottes qui avait coupé son pouls, le refus de lui laisser contacter le consulat, la farce du procès .

Pâques de la même année, lorsqu’il a été arrêté par la police israélienne à la frontière jordanienne, directement derrière le pont Allenby, pour l’empêcher d’entrer en Israël, quand il a été jeté dans un bus où sept d’entre eux, dont une femme policier, l’ont battu « avec art », sans laisser de signes extérieurs, en vrais professionnels qu’ils sont, ils l’ont jeté sur le sol, face vers le bas, et comme une dernière diablerie, ils ont arraché ses cheveux avec leurs bottes puissantes.

Vittorio était persona non grata en Israël. Trop subversif, un an auparavant, il avait manifesté au Mur des Lamentations en compagnie de son ami Gabriele avec les hommes et les femmes du village de Budrus. Il leur a enseigné et a chanté avec eux, notre plus beau chant des partisans « O Bella ciao, ciao … »

A cette époque, je ne regardais pas la TV, pas même lorsque, à l’automne 2008, un commando israélien a agressé le bateau de pêche dans les eaux palestiniennes près de Rafah : Vittorio a été enfermé dans la prison de Ramle, puis renvoyés à la maison en vêtements et pantoufles de la prison .

Certes, maintenant je ne peux que remercier la presse et la télévision car elles nous ont approchés avec décence, elles ont « occupé » notre maison avec respect, sans excès et m’ont donné la possibilité de parler de Vittorio et des idéaux qu’il avait choisi.

Ce fils perdu, maintenant si vivant, comme il ne l’a peut-être jamais été avant, tout comme la graine qui croît et meurt dans la terre, portera des fruits prospères Je peux déjà voir et entendre cela dans les paroles d’amis, en particulier les jeunes, certains d’entre eux proches et certains d’entre eux lointains qui, par Vittorio ont connu et compris comment donner sens à « Utopia », que la faim de justice et de paix, de fraternité et de solidarité prévaut toujours et que, comme le disait Vittorio, « La Palestine pourrait aussi bien être devant votre porte ».

Nous étions loin de Vittorio, mais nous étions plus proches que jamais.

A partir de maintenant, sa présence vivante qui ne cesse de croître à chaque heure, est comme un vent qui, depuis Gaza, sa bien-aimée Mer Méditerranée, souffle la chamade et nous apporte ses espoirs et amours pour les sans-voix, pour les faibles, les annihilés, faisant de nous des témoins

Restiamo umani

Restons Humains