Archives mensuelles : avril 2011

Affrontement entre militants de gauche et de droite à Tel-Aviv lors du rassemblement en faveur de la créat ion d’un Etat palestinien

Le rassemblement auquel participaient 21 lauréats du Prix Israël s’est achevé avec la signature symbolique d’une déclaration d’indépendance près de la salle où fut déclarée l’indépendance d’Israël à Tel-Aviv. Des figures majeures de la vie culturelle et de la gauche israélienne, dont plusieurs lauréats du Prix Israël, ont été insultées jeudi lors du rassemblement de soutien à l’indépendance d’un Etat palestinien. La manifestation, qui avait lieu en dehors du Hall où Ben Gourion avait proclamé l’Indépendance d’Israël en 1948, a été perturbé par des militants de droite équipés de mégaphones criant notamment  «Intellectuels de gauche, tout cela se retournera contre vous » « Kahane avait raison » et « Traîtres ».

Les organisateurs de ce rassemblement affirment que les forces de l’ordre n’ont pas fait écran entre  manifestants de gauche et  de droite, comme ils le font habituellement lors des manifestations organisées par la droite israélienne.

Le discours de l’actrice (et lauréate du Prix Israël) Hanna Maron a été interrompu plusieurs fois par les contre-manifestants hurlant à la « cinquième colonne ». Les perturbateurs semblent même avoir continué après le rappel par les organisateurs que Hanna Maron avait perdu sa jambe lors d’une attaque terroriste contre un avion d’El-Al en 1970.

Le ministre de la défense Ehud Barak a fait publier un communiqué après cet événement affirmant que les désaccords devaient être résolus « sans traiter quiconque de traître et sans violence ». « L’Etat d’Israël est à la croisée des chemins et nous voulons tous un Etat d’Israël plus sûr et plus fort. » a ajouté Ehud Barak. « J’appelle les manifestants de chaque camp à faire preuve de sens des responsabilités. »

Avant le rassemblement de jeudi, les organisateurs avait prévu de signer une déclaration sur l’indépendance de l’Etat palestinien,  et invitant la population à venir la signer. Cette déclaration proclame notamment : « Israël est le lieu où naquit le peuple juif et où se forgea son caractère national.  La Palestine est le lieu où naquit le peuple palestinien et où se forgea son caractère national. » « Nous appelons  chaque individu qui recherche la paix et la liberté pour les deux peuples à soutenir la déclaration d’indépendance de l’Etat palestinien,  et à agir dans un sens qui encourage les citoyens des deux peuples à nouer de bonnes relations sur la base des frontières de 1967. La fin de l’occupation est une condition sine qua non à la libération des deux peuples ».

Les coordinateurs de cet événement insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une manifestation symbolique, mais plutôt d’une des initiatives d’un large processus visant à légitimer une alternative à la politique israélienne actuelle. « Il ne s’agit pas d’un mouvement de naïfs béats, l’un des initiateurs du rassemblement est un éditorialiste d’Haaretz. » rappelle Sefi Rachlevsky. « Au lieu d’être le premier à tendre la main et à soutenir le processus d’indépendance des palestiniens, Israël  freine des quatre fers. Ce n’est plus seulement une erreur morale, cela conduit à présent à une catastrophe politique. L’Etat d’Israël s’est isolé par lui-même à la manière de l’Afrique du Sud. »

* pour plus de détails sur cette initaitive, lire l’article que nous avons traduit à ce sujet http://www.lapaixmaintenant.org/article2125

Ha’aretz, le 21 avril 2011
http://www.haaretz.com/news/national/left-and-right-clash-at-tel-aviv-rally-to-support-palestinian-state-1.357368
Traduction : Yoël pour La Paix Maintenant

Vittorio n’a jamais été aussi vivant qu’il ne l’est aujourd’hui !

Par sa mère, Egidia Beretta Arrigoni lundi 18 avril 2011, traduction anglais-français  Régine Fiorani, mardi 19 avril 2011, 00:13

Faut-il mourir pour devenir un héros, pour être sur la première page du journal, pour regarder la télévision tout en étant en dehors de la maison ou mourir pour rester humain?

Je me souviens de Vittorio à Noël 2005, quand il fut emprisonné à l’aéroport Ben Gourion, les cicatrices des menottes qui avait coupé son pouls, le refus de lui laisser contacter le consulat, la farce du procès .

Pâques de la même année, lorsqu’il a été arrêté par la police israélienne à la frontière jordanienne, directement derrière le pont Allenby, pour l’empêcher d’entrer en Israël, quand il a été jeté dans un bus où sept d’entre eux, dont une femme policier, l’ont battu « avec art », sans laisser de signes extérieurs, en vrais professionnels qu’ils sont, ils l’ont jeté sur le sol, face vers le bas, et comme une dernière diablerie, ils ont arraché ses cheveux avec leurs bottes puissantes.

Vittorio était persona non grata en Israël. Trop subversif, un an auparavant, il avait manifesté au Mur des Lamentations en compagnie de son ami Gabriele avec les hommes et les femmes du village de Budrus. Il leur a enseigné et a chanté avec eux, notre plus beau chant des partisans « O Bella ciao, ciao … »

A cette époque, je ne regardais pas la TV, pas même lorsque, à l’automne 2008, un commando israélien a agressé le bateau de pêche dans les eaux palestiniennes près de Rafah : Vittorio a été enfermé dans la prison de Ramle, puis renvoyés à la maison en vêtements et pantoufles de la prison .

Certes, maintenant je ne peux que remercier la presse et la télévision car elles nous ont approchés avec décence, elles ont « occupé » notre maison avec respect, sans excès et m’ont donné la possibilité de parler de Vittorio et des idéaux qu’il avait choisi.

Ce fils perdu, maintenant si vivant, comme il ne l’a peut-être jamais été avant, tout comme la graine qui croît et meurt dans la terre, portera des fruits prospères Je peux déjà voir et entendre cela dans les paroles d’amis, en particulier les jeunes, certains d’entre eux proches et certains d’entre eux lointains qui, par Vittorio ont connu et compris comment donner sens à « Utopia », que la faim de justice et de paix, de fraternité et de solidarité prévaut toujours et que, comme le disait Vittorio, « La Palestine pourrait aussi bien être devant votre porte ».

Nous étions loin de Vittorio, mais nous étions plus proches que jamais.

A partir de maintenant, sa présence vivante qui ne cesse de croître à chaque heure, est comme un vent qui, depuis Gaza, sa bien-aimée Mer Méditerranée, souffle la chamade et nous apporte ses espoirs et amours pour les sans-voix, pour les faibles, les annihilés, faisant de nous des témoins

Restiamo umani

Restons Humains

Un militant pacifiste assassiné à Gaza

Le personnel de la sécurité a trouvé le corps du militant italien, qui avait été tué et laissé dans une maison abandonnée dans la Bande de Gaza à la suite de son enlèvement, a dit un responsable Hamas ce matin. Deux hommes ont été arrêtés et d’autres sont recherchés pour le meurtre de Vittorio Arrigoni, a ajouté le responsable. Le groupe salafiste Ansar al-Jundi, lié à Al-Qaeda, avait menacé jeudi d’exécuter Arrigoni aujourd’hui à 17h si leurs dirigeants, arrêtés le mois dernier par le Hamas, n’étaient pas libérés.

Vidéo diffusée par le groupe Ansar al-Jundi : http://www.youtube.com/watch?v=CP0VuAWhJkc&feature=youtu.be

« Les forces de sécurité sont entrées dans une maison et ont: trouvé le corps de l’Italien, il était mort, » a dit l’officiel à Reuters.

Arrigoni vivait dans la Bande de Gaza depuis août 2008. Il était arrivé sur un bateau transportant des fournitures humanitaires dont Israël interdit l’entrée.

Le Hamas s’est opposé violemment aux Salafistes qui revendiquent une lecture extrémiste de l’Islam et semble avoir attiré des recrues parmi les gens qui veulent l’application la Sharia et qui contestent la politique de retenue du Hamas contre Israël.

Les Salafistes ont aussi attaqué des cafés internet et veulent l’expulsion des Chrétiens.

Ehab al-Ghazzain, porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas, a dit lors d’une conférence de presse que l’arrestation et l’interrogatoire d’un des membres du groupe avait conduit à la découverte de l’endroit où Arrigoni était détenu, mais lorsque les forces sont arrivées sur les lieux, il était mort.

« Les forces sont arrivées rapidement sur les lieux pour découvrir que l’homme kidnappé avait été tué plusieurs heures auparavant, d’une manière affreuse, selon le médecin légiste, » a dit Ghassain.

Le responsable de la sécurité présent sur les lieux a dit qu’Arrigoni avait été étranglé.

Ghassain a déclaré que les ravisseurs avaient récemment loué la maison où le corps a été découvert et qu’ils s’étaient servis d’une voiture appartenant à un tiers pour dissimuler leur identité.

« Leur intention, depuis le tout début, était de tuer leur victime parce que le crime a eu lieu peu de temps après son enlèvement, » a-t-il ajouté.

Dans la vidéo postée sur YouTube (ci-dessus) par ses ravisseurs, on voit Arrigoni les yeux bandés, du sang autour de son œil droit, et on voit une main qui lui tourne la tête vers la caméra en empoignant ses cheveux.

Le texte en arabe qui accompagne la vidéo dit : « L’otage italien n’est entré sur notre terre que pour propager la corruption. » Il décrit l’Italie comme « un Etat infidèle ».

Arrigoni est le premier étranger enlevé à Gaza depuis le journaliste de la BBC Alan Johnston, qui a été détenu pendant 114 jours par un groupe lié à al-Qaida nommé l’Armée de l’Islam. Il avait été libéré en 2007.

Ghassain a dit que le meurtre pouvait compromettre d’autres missions de solidarité, comme les flottilles qui ont essayé de briser le blocus naval israélien sur Gaza. Des activistes internationaux se préparent à prendre la mer, avec une quinzaine de bateaux, à la fin du mois prochain.

« Les responsables de la mort d’Arrigoni servent les intentions d’Israël en essayant de terroriser les gens qui soutiennent le peuple palestinien à Gaza, » a dit Ghassain.

Par Nidal al-Mughrabi
Source : Reuters  Traduction : MR pour ISM

Massacre de Gaza : Richard Goldstone désavoué par ses pairs

Les auteurs de la commission d’enquête des Nations-Unies sur les massacres de l’armée israélienne à Gaza en décembre 2008 – janvier 2009 ont administré jeudi une claque sévère à leur chef, Richard Goldstone, qui s’était renié, au début du mois, aux applaudissements du gouvernement israélien.

Dans une tribune publiée le 1er avril, sans que ce fut un poisson, par le Washington Post, l’ancien juge sud-africain Richard Goldstone, président de la commission d’enquête , avait fait volte-face et déchiré en substance le rapport co-signé avec ses trois collègues (communément appelé le « rapport Goldstone »), exonérant au moins en partie l’armée et le gouvernement israéliens des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité évoquées dans le rapport.

On rappelle que l’agression israélienne de l’hiver 2008-2009 sur la bande de Gaza a fait plus de 1.400 tués palestiniens, dont une large majorité de civils, hommes, femmes et enfants.

Juif et sympathisant déclaré du sionisme, Goldstone avait subi des pressions colossales lors de l’enquête et plus encore après la publication du rapport, de la part d’Israël et d’une série d’organisations pro-israéliennes. Ces dernières l’avaient présenté comme le prototype du « Juif traître à sa race », méritant le bannissement de la tribu, et la mort.

Les pressions et menaces à l’encontre de Goldstone s’étaient exercée y compris à l’intérieur de son cercle familial, où il lui avait par exemple été interdit de participer à la bar mitzvah (cérémonie religieuse juive marquant le passage du garçon à l’état adulte) à l’un de ses propres petits-fils ! Et de l’avis général, la rétractation, partielle mais substantielle, opérée par Goldstone dans le Washington Post, était bien le fruit pourri des pressions subies.

Depuis cette publication, les dirigeants israéliens ont hurlé quotidiennement pour que les Nations-Unies déchirent formellement le rapport, et tenter ainsi de redorer leur blason « d’armée la plus morale du monde ».

Mais voilà que jeudi les trois autres enquêteurs et signataires du rapport des Nations-Unies, l’avocate spécialiste des droits de l’homme pakistanais, la professeure de droit à la London School of Economics, et l’ancien responsable du processus de paix en Irlande du Nord Desmond Travers, se sont publiquement démarqués de Goldstone, dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Guardian.

(Pour lire leur texte en langue anglaise, cliquer sur http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/apr/14/goldstone-report-statement-un-gaza)

Défendant chaque mot et chaque ligne du rapport rédigé collégialement, les trois auteurs s’abstiennent par politesse de citer nommément Goldstone, mais ils lui règlent quand même son compte. « Les appels à réviser, voire à retirer le rapport, tout comme les tentatives de dénaturer son propos et ses objectifs, est faire injure au droit des victimes, tant palestiniennes qu’israéliennes, à connaître la vérité et obtenir justice », écrivent-ils.

Ils mentionnent, eux aussi, « les attaques personnelles et les pressions extraordinaires exercées sur les membres de la mission d’enquête », et ajoutent : « si nous avions cédé à ces pressions, nous aurions commis une injustice flagrante à l’encontre des centaines de civils innocents tués pendant la guerre de Gaza, aux milliers d’autres blessés, et aux centaines de milliers d’autres dont les vies continuent d’être profondément affectées par le conflit et le blocus ».

Dans un commentaire accompagnant la tribune, le Guardian estime que les tentatives israéliennes d’obtenir le retrait formel du rapport de la part des Nations-Unies ont désormais avorté.

Pour autant, 18 mois après sa publication, le rapport Goldstone n’a été suivi d’aucune mesure judiciaire, la « communauté internationale » (lire : les gouvernements des grandes puissances, Etats-Unis en tête). La campagne internationale de la société civile BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) n’en revêt que plus d’actualité.

CAPJPO-EuroPalestine

La Cour de Cassation condamne définitivement RFI pour le licenciement abusif du journaliste Alain Ménargues

Au terme de plus de six années de procédure, la Cour de Cassation a condamné Radio France International (RFI) pour le licenciement abusif du journaliste Alain Ménargues, victime en 2004 d’une chasse aux sorcières du lobby sioniste.

Directeur général-adjoint de RFI, spécialiste du Proche-Orient depuis trente ans, Ménargues avait été attaqué pour deux de ses livres, « Les secrets de la guerre du Liban » et « le Mur de Sharon ».

Dans le premier ouvrage, il livrait un scoop, jamais démenti depuis sa publication, relatif au terrible massacre des civils palestiniens des camps de réfugiés de Sabra et Chatila (Beyrouth, Liban) en septembre 1982 : à savoir, écrivait Ménargues, que l’armée israélienne ne s’était pas contentée d’apporter protection et soutien logistique aux milices fascistes libanaises à l’œuvre dans les camps, mais que des forces spéciales de l’armée israélienne avaient également participé à la tuerie de 2.000 hommes, femmes et enfants.

« Le Mur de Sharon » dénonçait pour sa part les crimes de l’armée israélienne depuis l’avènement d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement en 2001, pointant notamment l’idéologie raciste qui les sous-tend.

Aux lendemains de la parution, en septembre 2004, le lobby pro-israélien déclencha, à l’intérieur comme à l’extérieur de RFI, une campagne de calomnies, sur le thème pourri de l’antisémitisme.

La majorité des journalistes de RFI et leurs syndicats, au motif que Ménargues était un « hiérarque autoritaire », se rangea du côté du manche, et Ménargues fut rapidement licencié, dès le mois de décembre.

Il contesta devant le Conseil des Prudhommes, qui condamna RFI à verser 250.000 € d’indemnités à Ménargues pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Jugement confirmé par un arrêt de la Cour d’Appel en 2009.

Mais la direction de RFI se pourvût en cassation, à ses dépens. La plus haute juridiction, dans un arrêt rendu le 9 mars, a en effet confirmé la condamnation de RFI, qui devient donc définitive.

La victoire de Ménargues laisse cependant un goût amer. Car en abandonnant la défense de leur confrère, journalistes et syndicats de RFI avaient ouvert la voie à une remise au pas, comme le montra un peu plus tard le licenciement scandaleux d’un autre journaliste non-aligné de RFI, Richard Labevière.

Plus généralement, ils finirent par payer eux-mêmes le prix de leurs renoncements, comme on l’a vu depuis l’arrivée du tandem sarkozien de choc Pouzilhac/Ockrent à la tête de RFI où ce couple infernal, grassement payé, n’a de cesse de supprimer emplois et services.

CAPJPO-EuroPalestine