Archives mensuelles : mars 2011

Les sionistes envoyés dans les cordes par TF1

Avec leur culot habituel, les officines israéliennes mettent la pression sur les chaînes de télévision françaises pour qu’elles incluent Gilad Shalit, soldat de l’armée d’occupation israélienne enlevé par le Hamas, dans les otages français évoqués à chaque journal télévisé. Ci-dessous la réponse de TF1 à Roger Pinto de l’association « Siona » (on n’a pas inventé leur nom !).

Lettre de Jean-Marc Pillas à Roger Pinto, Président de Siona

Le cas du caporal Gilad Shalit de l’armée israélienne n’a en rien été occulté par les médias. Nous avons parlé de cette affaire à plusieurs reprises et particulièrement à chaque fois qu’il y avait un semblant d’évolution dans ce dossier. Nous avons à plusieurs reprises interrogé le père de Gilad Shalit en Israël et en France.

Cependant vous semblez ignorer que le binational (franco-israélien) Gilad Shalit a été enlevé en tant que soldat de l’armée israélienne portant l’uniforme de cette armée et non en tant que journaliste français ou employé français d’une entreprise française à l’étranger. C’est pour cette raison qu’il n’est pas considéré comme un « otage français ».

Israël est un pays souverain et si Gilad Shalit est binational il n’en est pas moins un résident permanent de l’Etat d’Israël. De plus il a été enlevé dans le cadre du conflit israélo-palestinien dans lequel la France n’est aucunement impliquée. Il appartient en premier lieu à l’Etat d’Israël et aux médias israéliens de se mobiliser pour obtenir la libération de ce soldat même si la France participe à ces efforts.

Trouveriez-vous logique que la France comptabilise comme otage français un soldat américain d’origine française détenu par les talibans en Afghanistan ? Vous vous présentez comme parlant au nom de la communauté juive. J’imagine que vous voulez parler de la communauté juive française !? Etes vous bien certains de la représenter dans sa totalité ? La France est la France, Israël est Israël et la communauté juive française est française avant tout, aussi longtemps que ses membres ne font pas leur Alyah.

Je pense qu’il n’est pas très sain de vouloir importer en France le conflit qui oppose Israël aux palestiniens ainsi que toutes ses conséquences.

Cordialement.

Jean-Marc Pillas, Médiateur de TF1

Publié le mardi 15 mars 2011 par CAPJPO

Les révolutions arabes et la cause palestinienne

Les révolutions arabes se poursuivent au Maghreb comme au Machrek, le vent de la révolte souffle, on assiste à une vague de contestation radicale dans plusieurs de ces pays contre l’injustice, pour la démocratie, pour un changement de pouvoir et de régime, et pour la justice sociale.

Les jeunes, le mouvement national, et les différents courants sociaux et politiques participent à des manifestations quotidiennes qui réclament le changement d’un système corrompu, autoritaire et répressif, un système qui, au pouvoir pendant de très, de trop, nombreuses années, n’a jamais réalisé leurs aspirations les plus élémentaires à vivre dans la dignité (économique et politique) et dans le respect de leurs droits de citoyens à la liberté d’expression, la liberté d’organisation, et à une justice équitable.

Nous souhaitons que les peuples arabes aillent jusqu’au bout de leurs révolutions pour se débarrasser, une fois pour toutes, de ces bourreaux, internes et externes, afin de se réapproprier leur dignité et les richesses qui leur ont été confisquées !

Nous Palestiniens, sommes, pour notre part, très attentifs à l’évolution de ces derniers mois dans un monde arabe en pleine révolution, dont les régimes, restés longtemps aux commandes des pays, sont en train de s’effondrer.

Au cours de l’histoire de ces 20, voire 30 dernières années, entre ces régimes arabes et les représentants du peuple palestinien, ses institutions, tels l’Organisation de la Libération de la Palestine (OLP) , l’autorité palestinienne et les différents partis politiques , les relations ont été souvent tendues, du fait de l’alliance des ces régimes avec la politique américaine, politique de soutien permanant à celle de l’occupation israélienne.

Et c’est le peuple palestinien, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui en a fait les frais et en a souffert, et en souffert encore ; Citons comme exemple l’expulsion des Palestiniens du Kuweit après la première guerre du Golfe lorsque l’OLP a pris position aux côtés de l’Irak ; le blocus cruel et inhumain imposé à la population de Gaza en est un autre ; et l’on pourrait en énumérer encore bien d’autres…. !

La réaction des grandes puissances internationales, qui semblent toutes avoir été prises de court devant ces révoltes arabes, est surtout marquée par une grande hypocrisie, et l’application constante de la  politique du  « deux poids, deux mesures » : d’une part, réaction rapide contre les dirigeants arabes contestés, leurs plus fidèles alliés de la veille, au non du non- respect, dans leur pays, de la démocratie et des droits de l’homme ; et de l’autre, la perpétuation de leur silence complice devant les crimes israéliens quotidiens contre les Palestiniens .

Nous, Palestiniens, qui suivons avec beaucoup d’attention les événements de ces derniers mois dans le monde arabe, attendons l’instauration d’un nouveau pouvoir dans ces pays afin d’observer quelle sera leur position vis- à -vis de la cause palestinienne.

Dans cette expectative, l’opinion palestinienne se divise actuellement deux points de vue :

Le premier, optimiste, pense que  ces événements sont positifs et rassurants pour la cause palestinienne et notre peuple ; le changement va toucher tout un système, complice des Américains et des Israéliens ; les forces nationalistes et démocratiques qui vont prendre le pouvoir dans ces pays vont soutenir les Palestiniens dans leur lutte légitime contre l’occupant et ainsi, la Palestine trouvera de la part de peuple frères, longtemps contraints d’ignorer son attente, un soutien officiel et populaire.

Le second est pessimiste et exprime l’inquiétude des Palestiniens qui craignent que le nouveau pouvoir de ces pays soit long à organiser des élections, à instaurer un nouveau régime ; ceci ne pourra se faire du jour au lendemain et nécessitera beaucoup de temps et d’efforts, ce nouveau pouvoir aura beaucoup de défis à relever et de priorités à assurer qui relégueront la cause palestinienne au second rang de leurs préoccupations.

Ces deux positions montrent, une fois de plus, combien les événements du monde arabe peuvent influencer l’évolution de la situation en Palestine. . Les Palestiniens, instigateurs de deux intifada héroïques qui ont servi en partie de modèle ou de source d’inspiration aux révoltes des populations arabes, sont actuellement dans une situation d’encerclement et d’avancée du projet de colonisation israélienne dramatique. Les divisions inter-palestiniennes et les graves questions de leadership renforcent leur impuissance et l’absence de perspectives du moment, apparentes, face à une situation d’oppression de plus en plus forte.

Les frères arabes qui se réveillent dans leur combat pour la démocratie et la justice peuvent être à leur tour une source d’inspiration pour nous et représenter un espoir pour l’avenir et le renforcement d’une solidarité concrète.

Certes, il y a encore beaucoup d’incertitude quant à l’avenir de ce printemps des peuples arabes pour l’émancipation, la dignité et la justice – combat pour lequel tant de jeunes martyrs ont déjà donné leur vie ! -, mais nous avons confiance que ces peuples ne se laisseront pas confisquer leur révolution et continueront leur combat.

Nous-mêmes Palestiniens ne resterons pas silencieux très longtemps. Nous allons bouger, nous devons bouger contre les forces d’oppression de l’occupation, pour l’unité de notre peuple, la défense de notre terre et de nos droits, la liberté et la justice.

En attendant le changement, la solution, nous, Palestiniens, sommes toujours debout, et allons continuer de nous attacher à ce principe : « Résister à l’occupation, c’est être libre ! ».

Ziad Medoukh, professeur de français à l’Université de Gaza

Alain Juppé s’est officiellement engagé à ouvrir le dossier Salah Hamouri. Première victoire. Et maintenant des actes !

Communiqué du MJCF
mercredi 2 mars 2011

Au cours de la séance publique du conseil municipal de Bordeaux du 28 février 2011, le maire Alain Juppé, ministre d’État en charge de la Défense en passe de prendre ses fonctions de ministre d’État en charge des Affaires étrangères, a été interpellé par Vincent Maurin, élu communiste municipal. Relayant la lettre de notre camarade Vincent Boivinet, coordinateur de la JC de Gironde, l’élu communiste lui a demandé ce qu’il comptait faire pour le cas du jeune prisonnier politique franco-palestinien Salah Hamouri détenu arbitrairement dans les prisons israéliennes.

Alors que les ministres successifs avaient refusé de s’exprimer sur le sujet, Alain Juppé s’est officiellement engagé à ouvrir le dossier Salah Hamouri. C’est une excellente nouvelle pour Salah et ceux, dont nous sommes, qui militent pour sa liberté et une paix juste au Proche-Orient.

Il s’agit maintenant de passer aux actes. Ce qui implique, pour commencer, de rencontrer – enfin ! – la mère de Salah Hamouri au Quai d’Orsay. Salah n’a pas besoin de belles paroles ; il a besoin d’aide, de notre aide à tous, de celle du gouvernement en premier lieu. C’est le sens de la lettre ouverte (ci-dessous) que nous adressons à Alain Juppé en ce jour d’entrée en fonction.

lu ce jour sur le site des élus communistes et républicains
Claude Audigué

Vive les révolutions arabes ! Vive le pouvoir des peuples ! Vive la liberté !

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche- orient avant qu’il ne soit trop tard.

Depuis les cellules de la prison, on peut entendre des voix parfois indignées qui parlent des droits de l’Homme….Ces hommes politiques, ces gouvernements qui prétendent défendre les droits de l’Homme et appliquer la justice savent-ils ce qui se passe dans les prisons de l’occupation israélienne ? Savent-ils que plus de 8000 prisonniers sont victimes de mort lente ?

Parfois des voix s’élèvent lors de réunions au sommet, il arrive que quelqu’un parle des prisonniers politiques palestiniens mais on parle de nous comme des terroristes, des numéros sans visage alors que comme tous les êtres humains, nous sommes parfois faibles, parfois forts, nous aimons et nous détestons, nous rions, nous avons même des moments de joie ou nous pleurons aussi quand nous pensons à nos familles.

Pour exprimer notre souffrance, il me faudrait écrire 10 livres mais même une encyclopédie ne ferait pas bouger vos consciences s’il vous en reste une après la course au pétrodollar de l’Oncle Sam qui occupe l’Irak en guise de démocratie.

Vous soutenez la justice et les droits de l’Homme dans certains endroits du monde mais ici, vous soutenez et légitimez l’occupation et nous en payons le prix dans nos cellules. Avez-vous déjà imaginé une femme palestinienne accouchant en prison, les pieds et mains liés ? Avez-vous déjà vu un enfant de 12 ans menotté a un check point et laissé des heures au soleil ou sous la pluie par la volonté d’un simple soldat ? Savez-vous qu’un grand nombre de mes camarades a déjà passé plus de 20 ans derrière les barreaux ? Beaucoup ont perdu leurs parents sans pouvoir leur dire « adieu.

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche- orient avant qu’il ne soit trop tard. Depuis quelque temps, les révolutions de peuples arabes sont en train de mettre fin à des dictatures qui ont le plus souvent servi vos intérêts au lieu de défendre leurs peuples.

Vive les révolutions arabes ! Vive le pouvoir des peuples ! Vive la liberté

Salah Hamouri
Section 1 Prison de Guilboa,
le 20 février 2011