Lettre ouverte à Madame Michèle Alliot-Marie

Madame la Ministre,

Comme beaucoup de Français, d’Israéliens et de Palestiniens, je suis avec intérêt votre visite au Proche-Orient. J’aurais souhaité vous rencontrer mais cela ne s’est pas fait… Emploi du temps charge, oubli… Pourtant, votre rencontre avec les parents du soldat Shalit était inscrite en bonne et due forme dans votre programme …. Une fois de plus, une politique du 2 poids 2 mesures… J’aurais souhaité vous rencontrer peut-être pour vous demander encore une fois d’intervenir pour la libération de Salah enfermé depuis 6 ans bien qu’ il n’ait commis aucun acte délictueux mais ce qui est possible au Tchad , au Mexique ou ailleurs ne l’est pas de toute évidence en Israël et « les efforts démesurés » de notre diplomatie n’ont pas eu le résultat espéré…

J’ai suivi avec intérêt votre déplacement à Gaza ou un comité des familles de prisonniers palestiniens vous a accueillie avec une certaine agressivité.

Madame la Ministre, quelle maladresse de votre part d’aller à Gaza suite à votre visite a la famille du soldat Shalit … vous n’ignorez pas que des milliers de palestiniens de Gaza sont enfermés dans les geôles en Israël sans avoir droit à des visites familiales depuis la capture de Shalit et même bien avant pour certains… Peut- être ignorez vous qu’ils n’ont pas droit au courrier et sont coupés eux aussi de leur famille… Madame vous avez eu de belles paroles de réconfort pour les parents de votre compatriote Shalit mais vous n’avez pas dit un mot sur les 8000 prisonniers palestiniens, vous avez ignoré le cas de mon fils… Madame, si Shalit est d’après vous pris en otage par le Hamas, les prisonniers de Gaza qui n’ont plus droit de visite le sont aussi. Si la demande de visite de la CR pour le soldat Shalit est légitime alors les droits des prisonniers politiques palestiniens et ceux de Gaza pour commencer le sont aussi. Madame, les prisonniers palestiniens à commencer par ceux de Gaza ne sont pas des numéros ou des terroristes mais des êtres humains tout comme le soldat Shalit… Comme lui ils ont des parents, une femme des enfants …

Ce qui est vrai pour Shalit est vrai pour les autres, dont Salah, mon fils. Je crains que votre attitude ne nuise un peu plus encore à l’image de mon pays – la France – dans la région, et spécialement en Palestine. Je ne vous supplie pas de me recevoir. J’ai ma dignité, vous avez des responsabilités imminentes. Je suis fidèle à la mienne. L’êtes-vous aux vôtres ? Malheureusement : non

Mme Denise Hamouri,
Vendredi, 21 janvier 2011

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