Israël adopte la loi controversée sur l’allégeance à l’Etat juif

Le cabinet israélien, dominé par la droite, a approuvé dimanche 10 octobre 2010 un projet d’amendement législatif controversé contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à « l’État juif et démocratique d’Israël ». Seuls huit ministres sur trente ont voté contre ce projet.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Christian Brunel

Benyamin Netanyahu a obtenu gain de cause. Son gouvernement a adopté, ce dimanche 10 octobre 2010, un projet de loi prévoyant que les non-juifs souhaitant être naturalisés devront prêter serment d’allégeance à Israël, défini comme « un Etat juif et démocratique ».

Cette initiative a suscité une vive polémique : la minorité des Arabes israéliens (qui représentent 20% de la population) craint d’être dans le collimateur. Selon la plupart des commentateurs, Benjamin Netanyahu a en effet voulu donner des gages à Avigdor Lieberman, son ministre des Affaires étrangères, qui est aussi chef d’un parti ultranationaliste. Objectif : le persuader de ne pas s’opposer à un éventuel gel de la colonisation en Cisjordanie de deux à trois mois, réclamé par les Américains.

Mais ces manœuvres commencent à inquiéter. Yitzhak Herzog, le ministre travailliste des Affaires sociales, a mis en garde contre « les relents de fascisme ». Nahum Barnea, un des éditorialistes les plus influents du pays, a pour sa part dénoncé « le caractère raciste du projet de loi ».

Par RFI